Québec, le samedi 16 août 2008 – « Grâce au Bloc
Québécois qui a forcé le jeu, le Québec a réalisé un gain historique avec la
reconnaissance par Ottawa de la nation québécoise. Historique, parce qu’à partir
du moment où tous les partis à la Chambre des communes reconnaissent la nation
québécoise, jamais plus le Canada ne pourra négocier avec le Québec comme s’il
constituait une simple province ou une société distincte. Dorénavant, la
discussion doit se faire de nation à nation. La nation a des droits collectifs que
le Canada doit maintenant respecter! », a lancé aujourd’hui le chef du Bloc
Québécois, Gilles Duceppe, alors qu’il prenait la parole devant les membres
de l’Institut du Nouveau-Monde, à Québec.
« Considérant que la reconnaissance de la nation
québécoise doit avoir des conséquences concrètes, le Bloc Québécois a présenté des
propositions s’inscrivant dans la suite logique de cette reconnaissance du statut
de nation et ce, tant en matière de langue, en matière d’identité et en matière de
culture. Malheureusement ces propositions ont toutes été rejetées par les
conservateurs. Or, on ne peut affirmer reconnaître la nation québécoise d’un côté
et refuser, comme le font les conservateurs, d’en assumer la portée. En agissant
de la sorte, Stephen Harper fait preuve d’hypocrisie », a poursuivi le chef du
Bloc Québécois.
Protéger notre langue publique commune
« La nation québécoise a le français comme
langue publique commune et c’est la raison pour laquelle nous avons adopté la Loi
101. Malheureusement les lois fédérales contredisent cette loi. La
Gilles Duceppe.
Un modèle d’intégration qui répond à nos besoins
« Se fondant sur la prémisse que reconnaître la
nation québécoise, ça doit signifier simultanément respecter son identité et son
modèle d’intégration, le Bloc Québécois a par ailleurs proposé d’amender la Loi
sur le multiculturalisme canadien afin d’en soustraire le Québec. Il est évident
qu’en tant que nation francophone qui représente à peine 2 % de la population en
Amérique du Nord, le Québec a des besoins très différents du Canada en matière
d’immigration. Le multiculturalisme préconisé par Ottawa, ça signifie la
disparition à moyen terme de ce qui distingue la nation québécoise des autres
nations de la planète. C’est pourquoi nous avons choisi au Québec l’interculturalisme,
un modèle qui veut intégrer les nouveaux arrivants en les encourageant à apprendre
le français et à enrichir notre nation de leur diversité. Or, encore une fois, le
gouvernement conservateur refuse de respecter les choix de la nation québécoise »,
a poursuivi Gilles Duceppe.
Reprendre le contrôle de notre culture
« Finalement, reconnaître la nation québécoise,
ça doit aussi vouloir dire donner au Québec tous les leviers pour assurer
l’épanouissement de sa culture. Or, au cours des derniers jours le gouvernement
Harper a coupé, au nom de son idéologie de droite, les fonds de plusieurs
programmes qui permettaient de faire rayonner la culture. C’est absurde, car au
Québec la culture de notre nation, c’est primordial. C’est en raison de gestes
comme ceux-là que le Bloc Québécois a proposé de transférer au Québec, par entente
administrative, la pleine maîtrise des instruments de télécommunication sur son
territoire. Or, le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Lawrence
Cannon, qui réclamait la même chose lorsqu’il était ministre dans le gouvernement
Bourassa, a le culot aujourd’hui de s’opposer à cette demande traditionnelle de la
nation québécoise », a continué le chef du Bloc Québécois.
Aller au bout de nous-mêmes
« Par leurs agissements, les conservateurs
démontrent encore une fois que l’épanouissement de la nation du Québec sera
toujours entravé par le fait que la nation canadienne est largement majoritaire à
Ottawa et qu’elle lui impose ses choix. Mais il y a une alternative, et c’est la
souveraineté », a repris Gilles Duceppe.
« Dans un Québec souverain, la Loi 101
s’appliquera intégralement et nous allons contrôler tous nos leviers culturels.
Nous pourrons y aller du modèle d’intégration qui correspond le mieux à nos
intérêts. Nous pourrons participer pleinement à l’amélioration du monde dans
lequel nous vivons, et nous affranchir de notre dépendance au pétrole puisque nous
ne répondrons plus des politiques d’Ottawa dictées par les intérêts des
pétrolières », a conclu Gilles Duceppe.
Renseignements : Karine Sauvé, attachée de presse
du chef
Aile parlementaire du Bloc Québécois