Gilles Duceppe.
« Le Québec pourra aussi consacrer une partie de
l’énergie et des moyens libérés par son accession à la souveraineté pour renforcer
ses liens avec les francophones d’Amérique. Le Québec, pays francophone en
Amérique du Nord, aura comme devoir de faire rayonner la francophonie sur ce
continent. Haïti pourra compter sur un ami qui aura toutes les capacités des pays
souverains et qui s’en servira pour le soutenir. Dans tous les forums de
l’hémisphère, par exemple l’Organisation des États américains, le Québec sera
également présent », a expliqué Gilles Duceppe.
« Le Québec souverain se fera également un
devoir de soutenir le combat des francophones du Canada, de la communauté
acadienne et de la communauté anglophone du Québec, qui ont tous des droits
acquis. Nous les soutiendrons et nous donnerons l’exemple devant la communauté
internationale. Je tiens personnellement beaucoup à la création d’une Commission
mixte sur le respect des droits des minorités linguistiques au Québec et au
Canada, après la souveraineté. Un tel mécanisme de réciprocité constituera une
assurance pour les communautés francophones du Canada, aussi bien que pour la
communauté anglophone du Québec », a repris Gilles Duceppe.
Le chef du Bloc Québécois a toutefois indiqué
que, d’ici à la souveraineté, il faut continuer à faire progresser le Québec. «
Grâce à ses efforts, le Bloc Québécois a obtenu la reconnaissance de la nation
québécoise et nous continuerons à lutter de toutes nos forces pour obtenir les
droits qui doivent découler de cette reconnaissance à titre de nation », a
poursuivi Gilles Duceppe.
« Le Bloc Québécois a ainsi déposé des projets
de loi à la Chambre des communes pour que les entreprises sous juridiction
fédérale soient soumises à la Charte de la langue française. Nous avons également
soumis un projet visant à soustraire le Québec de la loi canadienne sur le
multiculturalisme et nous avons réclamé le droit pour le Québec de maîtriser
lui-même la réglementation des télécommunications. La langue, la culture et
l’identité constituent les fondements de la nation québécoise et c’est pourquoi
tous ces projets soumis par le Bloc Québécois sont cruciaux pour permettre au
Québec non seulement de s’épanouir à titre de nation, mais aussi de survivre », a
toujours expliqué le chef du Bloc Québécois.
« Pour l’instant, le gouvernement conservateur
rejette les propositions du Bloc Québécois. Il fait ainsi la démonstration que la
reconnaissance de la nation québécoise demeure purement symbolique. Au Québec,
l’expérience nous l’a répété sans cesse, le cadre fédéral canadien nous confine à
une lutte de tous les instants, que nous devons mener comme nation francophone au
Canada simplement pour demeurer un peuple francophone. Nous le savons bien, le
Québec restera toujours minoritaire au sein du Canada et son combat demeurera sans
fin. Heureusement, il y a une autre possibilité, qui est de faire du Québec un
pays souverain », a conclu Gilles Duceppe.